« F##k AI » : le compositeur de Doom déclare la guerre à l’intelligence artificielle

Le compositeur australien Mick Gordon, à qui l’on doit la bande originale du jeu Doom de 2016, n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’intelligence artificielle. Celui-ci critique ouvertement cette technologie.

Dans le monde de l’art, l’utilisation de l’intelligence artificielle divise autant qu’elle passionne. En effet, si certains accueillent cette technologie à bras ouverts, d’autres la rejettent en bloc. On pense par exemple au réalisateur Guillermo del Toro, qui préférerait mourir plutôt que d’utiliser l’IA dans ses films. De son côté, Martin Scorsese a reconnu utiliser l’IA pour l’aider à préparer ses tournages, ce qui a provoqué un tollé sur Internet.

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Mais il ne faut pas oublier que l’IA s’est également immiscée dans l’industrie musicale. Sur Spotify, par exemple, on a pu découvrir un « groupe » particulièrement populaire, qui a depuis avoué être le fruit de l’intelligence artificielle. D’ailleurs, sur Deezer, près de la moitié du contenu aurait été généré par la machine.

Et c’est sans compter sur le monde du jeu vidéo, qui n’échappe pas à cette déferlante. En effet, si le développeur de RuneScape dit non à l’intelligence artificielle, celle-ci est bel et bien en train de gagner du terrain. D’ailleurs, Capcom va intégrer l’IA dans son moteur de jeu. Et Mick Gordon se situe à la croisée de ces deux mondes. Celui-ci est bien connu pour composer des musiques de jeux vidéo, et notamment l’excellente bande originale de Doom (2016).

Intelligence artificielle : « Elle sera toujours en retard »

Au cours d’une récente interview accordée à IGN, le musicien n’a pas hésité à critiquer ouvertement l’utilisation de l’IA dans un cadre artistique. « F##k AI », a-t-il alors lancé (nous ne prendrons bien évidemment pas la peine de traduire cette phrase).

« L’IA générative aura toujours du retard sur les humains, car elle sera nécessairement entraînée à partir de contenus que ces derniers ont déjà créés », explique Mick Gordon.

« Elle constitue une vaste base de données à partir de ce sur quoi elle a été entraînée, puis tire une conclusion très logique à partir de cet ensemble de données », poursuit l’artiste. « Mais elle sera toujours limitée par les données dont elle dispose. Elle ne sera jamais en mesure d’anticiper la prochaine nouveauté, quelque chose de véritablement inédit, tout ce que les humains sont capables d’imaginer. Elle sera toujours en retard, tout simplement en raison du fonctionnement de ces technologies. »