Meta veut s’autoriser à fouiller Internet pour entraîner son IA, et ça fait scandale

Les nouvelles conditions d’utilisation de Meta inquiètent certains responsables. Celles-ci permettraient à l’entreprise de s’accorder de grandes libertés en naviguant sur Internet pour entraîner son IA.

De nos jours, les agents d’IA pullulent sur Internet. Ces derniers se permettent de grandes libertés : ils ont été surpris en train de fouiller sur Wikipédia et ont même tenté de pirater des sites gouvernementaux canadiens. Mais cela n’a pas empêché Meta de dévoiler son nouvel agent d’IA, Muse. Et l’entreprise de Mark Zuckerberg s’apprêterait à mettre à jour ses conditions d’utilisation pour permettre à son robot d’exploiter de nombreux sites Internet.

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Meta serait ainsi en mesure de fouiner quasiment librement sur Internet pour entraîner ses systèmes d’IA. Et ce phénomène ne serait pas nouveau, loin de là. En effet, l’entreprise de Mark Zuckerberg piocherait dans des milliers de livres « sans valeur » pour entraîner son IA et aurait même utilisé des livres piratés dans ce même but. D’ailleurs, plusieurs artistes ont poursuivi OpenAI et Meta pour violation de droits d’auteur.

Un changement controversé

« Vous nous autorisez, ou autorisez toute entité agissant en notre nom, à utiliser des logiciels automatisés (tels que des outils d’exploration du Web, des bots, des robots, des spiders, des crawlers et des agents utilisateurs) et à créer des identifiants de test afin d’accéder aux domaines, pages Web ou URL associés à vos produits ou services », peut-on lire dans la nouvelle clause.

James Grimmelmann, professeur de droit du numérique et de l’information à la faculté de droit de Cornell, estime que cette nouvelle clause « autorise clairement Meta à entraîner ses systèmes d’IA à partir de n’importe quel contenu publié sur leurs sites et éventuellement à déployer certains de ces contenus, y compris en concurrence directe avec les éditeurs eux-mêmes ».

De son côté, Danielle Coffey, présidente-directrice générale de News/Media Alliance, estime que ces nouvelles conditions d’utilisation frisent l’illégalité. « Les nouvelles conditions d’utilisation commerciales de Meta sont scandaleuses et probablement illégales », explique-t-elle.

« Il n’est pas certain qu’un tribunal la jugerait applicable », ajoute Matt Topic, avocat spécialisé dans les médias et la propriété intellectuelle, « mais les éditeurs devraient partir du principe qu’elle le sera. »

Source : IGN