Voici la plus grande carte en 3D de l’Univers jamais établie

47 millions de galaxies, 20 millions d’étoiles, le tout couvrant 11 milliards d’années d’histoire cosmique. C’est en substance ce qu’a réussi à cartographier le Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI).

Cartographier l’ensemble de l’espace visible est un défi de taille. Mais les astronomes progressent vite. Ces derniers ont par exemple publié la plus grande image de la Voie lactée jamais réalisée, qui s’étire sur pas moins de 650 années-lumière de diamètre. L’Agence spatiale européenne (ESA) a également publié une image de 208 gigapixels, qui cartographie près de 14 millions de galaxies. Mais les astronomes du Dark Energy Spectroscopic Instrument vont encore plus loin.

Crédit photo : DESI Collaboration and DESI Member Institutions/DOE/KPNO/NOIRLab/NSF/AURA/R. Proctor

En effet, après 5 ans d’études, l’appareil a réussi à délivrer une carte d’une ampleur sans précédent. L’expérience menée par les astronomes a en effet enregistré plus de 47 millions de galaxies aux confins de l’Univers. La carte inclut également une vingtaine de millions d’étoiles. Mais ce n’est qu’un début.

Une théorie d’Einstein remise en question

En effet, les astronomes doivent maintenant étudier les données enregistrées par le Dark Energy Spectroscopic Instrument. « Dès que l’on dispose d’un relevé de galaxies comme celui-ci, c’est une véritable mine d’or d’informations », explique Will Percival, co-porte-parole de DESI. « Il y a énormément de physique encodée dans la distribution des galaxies, et toute une richesse d’analyses et de découvertes reste à venir. »

Une telle quantité d’informations pourrait permettre aux chercheurs de vérifier une théorie d’Albert Einstein particulièrement célèbre, baptisée lambda (Λ), qui explique l’accélération de l’expansion de l’Univers. Celle-ci suggère que cette expansion est provoquée par l’énergie noire, qui conserverait une densité constante au fil du temps.

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« Il est extrêmement difficile d’intégrer lambda dans l’édifice théorique vieux d’un siècle […] en raison de contradictions insolubles avec la physique des particules », explique Marina Cortês, l’une des spécialistes du DESI. « Malgré toute l’ingéniosité et les efforts des chercheurs, l’Univers semble persister à valider lambda. C’est un bras de fer entre l’Univers et la physique établie. »

« Avec des données aussi précises que celles de DESI, nous devons effectuer une analyse rigoureuse et robuste », ajoute Will Percival. « Rien que la préparation des données pour l’analyse scientifique est une tâche immense […] Nous devons créer des univers simulés et des catalogues de galaxies fictifs, puis observer comment nos mesures influencent la physique initiale qui régit ces univers simulés. »    

Source : Gizmodo