Découvrez le Space Rider, le premier vaisseau spatial réutilisable made in Europe
L’Agence spatiale européenne est en train de peaufiner son tout premier vaisseau réutilisable. Celui-ci pourrait bientôt concurrencer des appareils tels que le Dream Chaser et le X-37B américains.
Le cercle très fermé des vaisseaux spatiaux inhabités et réutilisables s’agrandit. Du côté de la Space Force, l’armée américaine propose le mystérieux X-37B, un avion spatial qui embarque un appareil quantique. Toujours côté US, on retrouve le Dream Chaser, fabriqué par Sierra Space. Toutefois, l’appareil prendrait du retard. Mais il ne faut pas oublier l’Agence spatiale européenne (ESA), qui veut d’ailleurs construire un vaisseau spatial nucléaire.
En effet, l’agence met les bouchées doubles pour finaliser son propre avion spatial autonome, baptisé Space Rider. L’appareil pourra être utilisé pour mener des expériences en orbite pendant plusieurs mois, sans pour autant embarquer d’astronautes. Une fois sa mission orbitale terminée, le Space Rider entamera sa rentrée atmosphérique, à des vitesses dépassant 27 000 km/h.
Space Rider : un vaisseau 100 % européen ?
Contrairement à des vaisseaux tels que la capsule Orion, le retour sur Terre du Space Rider ne se fera pas uniquement à l’aide d’un bouclier thermique et de parachutes. En effet, celui-ci utilisera une configuration de type « lifting body », qui lui permet d’afficher une certaine portance. Cette méthode est également utilisée par le Dream Chaser américain, ainsi que par la vénérable navette spatiale américaine.
Mais qui dit rentrée atmosphérique à grande vitesse, dit chaleur intense générée par les frottements. Dans ce cadre, les tuiles de protection thermique sont d’une importance capitale. Il est en effet important de rappeler que la catastrophe de la navette Columbia, qui a tué 7 astronautes, a été causée par une défaillance à ce niveau.
Pour le Space Rider, l’ESA a choisi d’opter pour 21 tuiles fabriquées en ISiComp. Ce matériau céramique est développé par l’entreprise Petroceramics, ainsi que par l’Italian Aerospace Research Centre. L’ensemble est contrôlé par deux panneaux, chargés de diriger le vaisseau jusqu’à la piste d’atterrissage. Des parachutes sont ensuite déployés pour freiner le véhicule.
Et, bonne nouvelle, le prototype du Space Rider semble fonctionner à merveille. Ce dernier « a réussi ses tests avec brio jusqu’à présent », assure l’ESA. Aldo Scaccia, responsable du segment spatial Space Rider à l’ESA, ajoute : « C’est merveilleux de voir le module de rentrée de Space Rider prendre forme de cette manière ; les équipes travaillent depuis des années sur ce projet ».
Source : space.com