Lasers, fléchettes et micro-ondes : voici comment ces satellites veulent défendre l’espace
Face à une menace qui serait grandissante dans le domaine spatial, une start-up s’apprête à prendre une mesure radicale. Celle-ci veut déployer une centaine de satellites équipés de lasers, chargés de défendre les appareils orbitaux occidentaux.
Lancée en 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie aura eu bien des conséquences, y compris dans le domaine spatial. En effet, si la Russie ne compte pas quitter l’ISS, l’industrie spatiale paie les conséquences de la guerre. On pense par exemple à la mission britannique ExoMars, victime de la guerre en Ukraine. Par ailleurs, l’ESA a mis fin à son partenariat avec le pays de Vladimir Poutine.
Il est vrai que l’espace et l’Ukraine sont intimement liés. En effet, les forces armées ukrainiennes dépendent largement du système d’Internet par satellite de SpaceX, Starlink. D’ailleurs, l’entreprise d’Elon Musk aurait récemment bridé l’utilisation de sa technologie par l’armée ukrainienne, ce qui a perturbé le fonctionnement des drones.
Au printemps dernier, plusieurs satellites militaires russes se seraient rapprochés d’un satellite radar ICEYE-X36. Celui-ci servirait à fournir du renseignement destiné à l’armée ukrainienne. Dans un tel contexte, la start-up Shield Space compte déployer un véritable essaim de microsatellites, ou CubeSats, chargés de protéger les satellites occidentaux des attaques.
Un projet défensif particulièrement ambitieux
« L’avantage des CubeSats, c’est qu’ils sont très standardisés et qu’ils reposent sur des composants disponibles dans le commerce », explique Dan Molland, cofondateur et directeur technique de Shield Space. « Il faut toujours procéder à quelques ajustements, mais ces CubeSats sont beaucoup plus faciles à assembler et à intégrer que les plateformes spatiales classiques, qui sont généralement entièrement conçues sur mesure. »
Les engins devraient fonctionner de manière quasi autonome, et ce, grâce à l’ajout de l’intelligence artificielle. Toutefois, la machine va devoir s’entraîner avant de passer à l’action. « Il faut une quantité extraordinaire de données pour entraîner les modèles et les algorithmes nécessaires à une mission entièrement autonome », poursuit le responsable.
Côté armement, l’entreprise aérospatiale évoque tout d’abord un système de lasers, capable d’aveugler les satellites ennemis. Les engins pourraient également être en mesure de tirer une « fléchette métallique », visant à endommager directement les appareils ennemis. Enfin, ces derniers pourraient émettre des micro-ondes susceptibles de brouiller les signaux des satellites ennemis.
Source : space.com